Le diagnostic est attendu pour répondre au mieux à la demande de celui qui souffre.
Mais qu’est-ce que répondre au mieux ?
Sécher les larmes ?
Eteindre les colères ?
Bâillonner les cauchemars ?
Endormir l’angoisse ?
Combler l’ennui ?
Colmater la brèche qui s’est ouverte dans dans l’organisation psychique ?
Et si l’absence de réponse constituait une forme de réponse? Par exemple, l ‘accompagnement d’un deuil qui prend avant tout en compte la douleur de celui qui a à vivre avec la perte et le manque n’apporte aucune réponse qui ressemblerait à une solution. Mais il est une réponse de l’autre qui embrasse l’étendue de la douleur et la reconnaît pour ensuite soutenir la réorganisation psychique autour de ce manque.
Faire cette différence entre ce qu’il convient d’appeler un deuil pathologique proche d’un état mélancolique et le chagrin, c’est le travail du thérapeute. C’est faire cette traversée du deuil avec le patient , explorer avec lui l’étendue de sa peine sans contraindre ses larmes dans un diagnostic qui ferait de lui un malade et apporter les étayages nécessaire à la reconstruction de ce qui s’est abîmé quand le deuil l’a frappé.