Quand il m’a été proposé de faire une intervention pour ce jeudi de l’enfance je me suis dit que j’allais vous faire un devoir bien carré sur les enfants hyperactifs et donc passer en revue la terminologie d’hier à aujourd’hui, celle qui va des enfants turbulents que décrivait dans sa thèse en 1925 Henri Wallon pour arriver au TDHA (trouble déficitaire d’attention avec ou sans hyperactivité) du DSM 5. Puis j’ai tenté de retrouver dans ma pratique des exemples de ce que la nosologie classe donc aujourd’hui sous ce terme de TDHA. Mais je me suis rendue vite compte que je n’avais pas d’éléments cliniques satisfaisants pour illustrer cette hyperactivité dont la genèse ferait référence à des facteurs de nature principalement neurobiologique. Je n’avais pas reçu d’enfant malades de cette hyperactivité là.
Alors je me suis souvenue d’une analyse d’enfant relativement brève qui avait marqué le début de ma pratique. Et c’est à partir de ce cas que je vais vous parler de l’hyperactivité que j’ai rencontrée.
À l’époque, ne prenant pas de notes, je ne pourrai pas aujourd’hui vous restituer l’exact discours de l’enfant mais il me reste quelques bribes bien en mémoire que je pourrai partager avec vous. Cet enfant de sept ans m’avait été adressé par ses parents pour un problème de comportement aussi bien à l’école qu’à la maison. L’enfant n’avait pas d’ami et à la maison il était le petit chef d’une famille composée de ses deux parents et d’un petit frère. Il insultait ses parents dès que ceux ci cherchaient à avoir une quelconque autorité et « piquait des crises » quand pointait devant lui la moindre frustration. La maman se disait incapable de lui dire non par peur de le faire souffrir et le père, malmené par le fils lui-même protégé par la mère, essayait de faire entendre sa voix mais, désemparé devant les insultes ordurières que son fils faisait pleuvoir sur lui, il avait capitulé en laissant le soin à la mère de se débrouiller avec cet enfant « insupportable ».
C’est donc à ce moment-là qu’il est arrivé en consultation. Poitrail en avant, petit conquérant de ce bureau où il allait essayé de faire régner sa loi. Les parents recroquevillés chacun dans un fauteuil regardaient le « petit monstre » qui les toisait pendant qu’ils partageaient leur désarroi.
Après un long entretien avec les parents et l’enfant, je leur proposais de garder un petit temps l’enfant tout seul et de revenir la prochaine fois pour une séance où je resterai seule dès le début avec l’enfant.
Je commençais par lui dire : Bonjour, alors tes parents viennent de me parler de leur enfant mais toi, peux-tu me dire qui tu es? –« Moi je suis Alexandre et je suis un adulte! » Je ne réagis pas. Il se lança alors dans maintes questions autoritaires sur les objets qui m’entouraient dans le bureau, questions auxquelles j’ai répondu avec application et force de détails puisque je voyais que l’attention de l’enfant été captée. Il avait notamment été question d’une petite caisse dans laquelle j’avais des ballons de baudruche qu’il m’arrivait de partager avec les enfants qui passaient dans le cabinet. Le ton calme avec lequel je lui répondais fit petit à petit tomber le ton autoritaire et sec qu’il employait et son questionnement devint celui d’un enfant curieux attentif aux réponses qui lui était données.
Il ne m’avait, en apparence, presque pas parlé de lui mais j’en avais déjà appris beaucoup ce jour là. Je lui dis que la séance était terminée. -« Et pourquoi !? » Ce à quoi je répondis : « C’est terminé » à nouveau. « Maintenant c’est au tour des gens qui attendent dans la salle d’attente. » Bougonnant mais faisant avec la contrainte d’avoir s’en aller il se retourne sur les ballons dont nous avions parlé précédemment et me dit : « Je veux un ballon ! » Ce à quoi je lui répondis « non, les ballons sont pour les enfants. » Il me regarda les yeux écarquillés et tourna le dos sans rien dire de plus.
À la séance suivante, sa mère resta dans la salle d’attente et Alexandre s’installa dans mon bureau dans un des fauteuils que ses parents avaient occupé la fois précédente et non dans les petites chaises destinées aux enfants.
Les bras sur les accoudoirs, tout droit comme un petit roi sur son trône, il me raconta comment ses copains été désagréables parce qu’ils ne voulaient pas écouter ce qu’il disait. Et ce qu’il leur disait c’était la marche à suivre pour les différents jeux dans lesquelles il essayer d’entraîner ses camarades. Il fixait les règles et attendait d’eux qu’ils suivent ces règles. À la maison c’était pareil, il fixait les règles de vie de ses parents. Par exemple, devant son refus d’aller avec ses parents chez des voisins pour prendre l’apéritif, les parents ont décliné l’invitation pour faire cesser la crise et les insultes qui passaient par-dessus le mur et qui finissaient par arriver aux oreilles des voisins en question. Plus de cours de danse de salon pour les parents non plus parce que refus de l’enfant de se laisser garder par la baby-sitter. Et refus multiples et variées de se plier aux injonctions quotidiennes, lavage de dents, couchage, repas, départ à l’école etc.
Après m’avoir raconté donc, combien ses copains été désagréables de ne pas vouloir écouter les ordres qu’il leur donnait pour organiser les jeux de la récréation, je lui proposais de regarder des livres d’un auteur pour enfants que j’apprécie, Claude Ponti. Au début peu enthousiaste, il continue de papillonner dans le bureau pendant que j’entamais une histoire. L’histoire de petit Prince Pouf dont voici le résumé :
Petit Prince Pouf est un livre de Claude Ponti. Les parents de Pouf sont roi et reine d’un royaume où l’on nomme les enfants à leur naissance en fonction de l’apparence qu’ils ont. Leur enfant avait donc une tête à s’appeler Pouf. Le Petit Prince Pouf grandissant, ses parents se posent la question de son éducation. Pour lui éviter les moqueries des copains à cause de son nom et le faire profiter du meilleur enseignement qui soit, ils décident d’engager un précepteur. Le chambellan de la cour ne voit pas l’arrivée de ce précepteur, Monsieur Q, d’un bon œil, persuadé qu’il perdra l’ascendant qu’il a sur le roi et la reine si ceux-ci placent leur confiance en cet inconnu.
Pour sa première leçon Petit Prince Pouf apprend que un et un font deux, le deuxième jour il apprend qu’un chat est un chat, le troisième jour il apprend à faire des boudins en pâte à modeler. Outré par le peu de sérieux de ces leçons, le chambellan alerte le roi et la reine. Cet enseignement, selon lui, ne fera pas de Petit Prince Pouf un bon roi!
Il propose d’en apporter la preuve en organisant l’éclatement d’une fausse guerre à laquelle serait confronté le Prince afin de mesurer par là sa capacité à y faire face. Le roi et la reine se font complices de la mise en scène. Le soir de l’attaque prévue le roi vient saluer le petit prince dans son lit comme tous les soirs et lui dit -« Bonne nuit » puis lui redit à nouveau -« Bonne nuit » avant de le quitter. À son tour, sa mère vient l’embrasser comme tous les soirs, lui fait un bisou, puis un autre bisou et s’en va. Au milieu de la nuit le Prince est réveillé par des lumières, des explosions, des bruits et tout un chambardement. Le chambellan, accourant à son chevet, lui dit affolé : -« Prince c’est la guerre ! »
Pouf lui répond :
-« Il faut prévenir mon père et ma mère! » Le chambellan lui annonce alors la mort de son père et de sa mère dans cette guerre. Pouf, ne cédant pas à la panique, se lève, regarde par la fenêtre, et se dit :
–
« Ce soir quelque chose n’est pas normal’’. Son père qui lui dit toujours un « Bonne nuit » le soir, lui a répété « Bonne nuit » une seconde fois. Sa mère qui pose chaque soir un seul bisou sur sa joue pour l’aguerrir lui dit-elle, ce soir lui en a donné un deuxième. Petit Prince Pouf se dit :
–
« Un « Bonne nuit » et un « Bonne nuit » font deux « Bonne nuit », un bisou et un bisou font deux bisous, un et un font deux, un chat est un chat et… Et… Ceci n’est pas une guerre!’’
A ces mots le roi et la reine sortent de l’armoire où ils s’étaient cachés. Fiers de leur fils qui, à n’en pas douter, fera un bon roi! Le chambellan est renvoyé sur le champ. Monsieur Q, jugeant son enseignement terminé, part enseigner sur d’autres chemins.
Claude Ponti termine en disant que certains lui posent la question des boudins en pâte à modeler, ce à quoi il répond que personne ne sait à quoi ça sert.
Après avoir bien lu près de la moitié de l’histoire la séance s’acheva.
Pendant les deux ou trois séances qui suivirent nous avons continué l’histoire du Petit Prince Pouf et nous l’avons même relue à deux reprises.
Entre-temps il me parlait de sa vie d’adulte au sein de sa famille et de sa classe. La seule adulte qu’il reconnaissait en tant qu’adulte était sa maîtresse. Mais ses parents n’étaient pas d’accord avec cette maîtresse et remettaient en question sa pédagogie. Alors malgré la reconnaissance du statut d’adulte à cette maîtresse, l’enfant n’avait que faire de son autorité mais restait très contrarié par les punitions qu’il recevait. Après l’avoir questionné sur cette contrariété, il me dit que la maîtresse ne l’aimait pas, comme ses copains d’ailleurs. Je mis en doute cette affirmation et je lui demandais ce qu’il entendait par aimer.
Je n’ai pas eu véritablement de réponse, mais j’ai appris que quand on écoutait pas les gens c’est qu’on ne les aimait pas. Ses copains ne l’écoutaient pas alors ça voulait dire que ses copains ne l’aimaient pas. La maîtresse ne l’écoutait pas non plus quand il avait des choses à dire alors c’est que la maîtresse ne l’aimait pas. Je lui répondis qu’il n’aimait pas ses parents alors ni ses copains. Il ne trouva pas d’objection. Nous sommes revenus par la suite sur l’affirmation qu’il avait eu à la première séance : « Je suis un adulte. » Je lui demandais « Qu’est-ce qu’un adulte ? » -« Un adulte, dit-il, c’est quelqu’un qui décide. »
Alors, oui il n’y avait pas de doute il était un adulte.
Au cours d’une séance avec les parents : la maman revient sur sa difficulté à dire non pour ne pas faire souffrir son enfant et évoque sa propre enfance avec beaucoup d’émotion mais ici mes souvenirs ne sont pas fiables. Le père à son tour évoqua aussi sa propre enfance avec émotion , un père très autoritaire et décrit comme maltraitant. Les deux parents étant dans une dynamique de non reproduction de leur enfance. Il voulait faire au mieux pour leur petit et surtout ne pas le faire souffrir. Ils sont donc devenus les valets de leur propre enfant qui régnait avec grande agitation et vocifération sur une famille désarticulée.
Revenons-en à nos séances :
Ce petit adulte qui coupait la parole, insultait, exigeait, criait, gesticulait, ne tenait pas en place dirait on! Comment aurait-il pu tenir en place alors que la place ne tenait pas? Et bien ce petit adulte insolent c’est mis peu à peu à écouter l’histoire du Petit Prince Pouf. Assis tout droit dans son grand fauteuil au début, debout derrière mon dos par la suite, jusqu’au jour où il a demandé : « Je peux venir m’assoir là ? » En montrant la place à côté de mon grand fauteuil sur la petite chaise. Je l’ai invité à y prendre place. Il a écouté la fin de l’histoire. Quand j’ai eu fini, je l’ai regardé, je me suis penchée vers lui, et tout doucement je lui ai dit : « Je crois que tu es en train de devenir un enfant, je me trompe ? »
Il s’est penchée vers moi, et en chuchotant il a dit : « Non tu ne te trompes pas. »
Ce soir là en repartant je lui ai donné un ballon de baudruche.
Les problèmes scolaires se sont apaisées, et il ne coupait plus la parole, écoutait la maîtresse, les parents aussi on cessé de marquer leur désaccord avec la pédagogie de la maîtresse devant leur enfant. En cessant de commander ses petits camarades il a pu trouver plaisir à jouer avec eux et vice versa. À la dernière séance j’ai même appris qu’il avait reçu un copain chez lui et que ça s’était très bien passé. J’ai laissé la porte ouverte s’ ils avaient besoin de venir consulter de nouveau mais je ne les ai jamais revus.
Cet exemple qui peut paraître un peu idyllique mais auquel je n’ai rien ajouté pour qu’il le soit, nous montre bien que ce qui agite ces enfants est très étroitement liés à la place qu’ils occupent ou qu’ils n’occupent pas au sein de leur propre famille.
Alexandre ne pouvait pas compter sur ses parents alors il comptait sans ses parents et il faisait ses propres lois dans un monde où rien ne tenait à rien, où l’articulation symbolique n’était pas à l’œuvre. Un monde sans adresse où le petit homme qui n’était pas reconnu à sa place d’enfant gesticulait, vociférait, en quête bruyante d’une place symbolique où pourrait s’enraciner son discours. Je dirais qu’il tentait, selon les mots de Jean-Marie Forget, « d’instaurer dans le Réel une place d’où il puisse se faire entendre ».
Les parents, tellement soucieux de remplir cette fonction de parent bienfaisants ne laissaient aucun espace possible à un manque quelconque. « On fait tout pour lui » mais ne serait-ce justement pas ce tout qui serait un trop qui happe l’enfant et ne lui laisse pas d’autres issues que de s’agiter ou s’éjecter d’une situation insupportable « d’être l’objet réel de l’autre, d’être happé par le manque de l’autre. Et il tente de susciter dans le réel un écart, un espace qu’il fasse allusion à la représentation d’un manque, qui fait défaut dans le discours de l’autre. À être happé incessamment par le vide de l’autre comme objet réel de l’autre, il répète des passages à l’acte, ou il s’éjecte d’une situation insupportable en tentant d’instaurer dans le réel une place d’où il puisse se faire entendre. »
Peut-on penser l’hyperactivité comme un acting-out?
Jean Marie Forget dit ceci : « l’hyperactivité réelle d’un enfant doit être mise en regard de l’inactivité symbolique des parents, de l’inactivité de l’autre, du discours de l’autre qui n’est pas marqué par une rigueur symbolique, ni d’une décomplétude où l’enfant puisse trouver une place ou une adresse signifiantes pour articuler sa parole. Ce n’est pas que les parents soient réellement inactif, au contraire, ils peuvent aller tous azimuts, s’occuper de leur enfant de manière très active et d’autant plus active que cette hyperactivité leur semble incompréhensible et ils présentent aux praticiens cette activité comme un signe de bonne volonté. Mais ils sont inactifs dans ce qu’ils n’assignent pas à leur enfant une place qui lui soit désignée comme telle. (…) dans ce cas, l’enfant est privé de représentation de la perte dans le discours de l’autre mais ce n’est pas à proprement parler un discours parce qu’il n’y a pas de restrictions de jouissance consentie par l’autre et il est tributaire de l’autre, il est objet réel de l’autre. »
Objet réel dont, une fois acquis, il est attendu qu’il soit parfait.
Mais l’enfant hyperactif ne rentre pas dans le moule, les règles de bonne conduite, d’orthographe, de grammaire, de calcul…, règles qui viennent faire obstacle à sa jouissance, qui font coupure à la valse de son agitation. Il s’en éjecte, de ces règles, plus qu’il ne les refuse. Petit objet virevoltant, hors sujet, qui n’a pas à faire avec la contrainte de l’interdit. Ce n’est en effet que d’avoir intégrer cet interdit essentiel à ce qui fait l’homme et qui caractérise le lien social que le petit homme advient comme sujet du désir, immergé dans le langage au prix de la castration. Pour le dire simplement, l’enfant n’a pas tout, il doit demandé sans savoir si ce qu’il demande lui sera donné et en sachant que, quoiqu’il fasse, il y aura toujours quelque chose qu’il n’aura pas. Cette demande vise l’amour. Que suis-je pour l’autre? Si l’enfant est tout pour l’autre alors que peut -il désirer? S’il ne manque rien à l’autre et que ce qui recouvre ce manque c’est l’enfant lui-même comme objet réel de cet autre, l’enfant n’a pas de place pour son désir et il gesticule, hors de lui, petit objet perdu qui s’éjecte de la complétude de l’autre pour sauver sa peau.
C’est là qu’on le trouve, en marge, là où il ne devrait pas être. Le mouvement, la prise de parole ne font pas acte ils semblent être sans adresse. Ils ne sont pas pris dans un discours où ils feraient sens. D’où l’écueil aussi qui se présente à l’analyste de vouloir trouver un sens à cette agitation dont on pourrait penser qu’elle vient en lieu et place d’une parole articulée. Mais cette turbulence est plus une décharge physique, une expulsion réelle du corps de l’enfant de la scène sociale et familiale, un corps qui reste hors sujet. Le mouvement est plus celui d’un corps qui déborde, un corps sans entrave, sans limite, animé d’une toute puissance imaginaire déchaînée que celle d’un petit sujet parlant. L’hyperactivité nous demande de poser notre regard sur la famille, l’autre, la filiation. N’occupant pas la place qui lui revient dans la relation à l’autre, il est exclu de la dimension symbolique et c’est le réel du corps qui vient au devant de la scène.
D’ailleurs, la qualification nosographique éjecte elle aussi, le sujet de la scène même de son action.
En effet, de l’enfant turbulent de Wallon au TDAH d’aujourd’hui, nous voyons dans les termes mêmes qui qualifient ce trouble la disparition du sujet.
Un symptôme suppose un sujet. Le mot symptôme a pris un sens nouveau pour Freud à partir du moment où observant les hystériques, il considère que ce qui s’observe chez l’hystérique de façon très bruyante et qui marque leur corps est un symptôme et non pas une simulation théâtrale et ce symptôme de conversion hystérique est l’expression du refoulé.
Cela suppose donc un discours de l’inconscient et, pour que discours il y est, il faut un sujet qui l’articule.
L’enfant que nous décrivons ici n’articule pas il gesticule. Véritable incontinence motrice, cette hyperactivité insensée dirait on, hors sens, sans adresse, nous montre l’impossibilité pour l’enfant d’occuper une place autre dans la relation à l’autre. Le petit Alexandre, adultes aux côtés de ses parents, ne cesse de s’éjecter de cette place sans pouvoir s’installer dans une autre.
La psychanalyse peut être pour ces entants un appui pour prendre place dans une relation à l’autre structurante et sortir de la gesticulation. Je crois qu’il est important de ne pas chercher à traduire ces enfants, ce serait comme casser un oeuf pour avoir un poussin avant même qu’il n’ait été couvé. Traduire ce qui n’est pas encore articulé serait étouffer l’ébauche même d’un discours.
Alexandre devenu enfant (sujet) entend l’histoire du Petit Prince Pouf lui racontait que chaque chose a à être à sa place et que même si les apparences font illusion, ces places ne sont pas interchangeables, elles répondent à des lois que lui, Pouf, doit intégrer. Un et un font deux. Un chat est un chat et cette guerre n’est pas une guerre! Ce ne sont plus juste des mots à côté d’autres mots mais des mots liés entre eux, articulés par un autre qui tient bon à la place qui est la sienne, à savoir, le psychanalyste.
Si nous ne considérons pas une grande part de l’hyperactivité comme symptôme, comme une formation de l’inconscient, discours à interpréter, quelle place pour cette entité retenue dans la classification nosographique? Je préfère la notion de trouble dans ce cas précis, un désordre, une confusion, de l’étymologie latine « turbula », une petit foule. Petite foule où les places de chacun se confondent dans la masse indistincte et compacte de familles où rien ne manque plus que le manque lui-même.
